The Joinville School

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Dublin Core

Title

The Joinville School

Subject

Periodical

Description

First of a two-part article on the fencing & gymnastics school at Joinville (Ecole Normale Militaire de Gymnastique et d'Escrime). Describes the ancestors to the school, its formation into its final form, the command structure, and its initial commanding officers. The article proceeds to specific details of the Gymnastics Division including its instructors, students and accolades.

Creator

Armand Luscifz

Source

l'Ecole de Joinville, La Vie au Grand Air, February 18, 1899, no. 25, pp. 270-271

Date

18 February 1899

Contributor

Boisdon (Photographer) ; La Vie au Grand Air (Publisher)

Rights

© Fencing Arms & Artifacts

Format

27.4 x 34.1 cm (complete periodical, closed)

Language

French

Type

Text

Identifier

2020.06.005

Text Item Type Metadata

Text

L'ECOLE DE JOINVILLE
La création de notre Ecole militaire de gymnastique et d'escrime résultant de l'introduction de l'enseignement des exercices physiques dans l'armée, un court historique de celle-ci me paraît devoir être joint à celui de l'Ecole.

A vrai dire, il n'y, a guère qu'une vingtaine d'années que nous possédons, comme elle est et fonctionne actuellement, une école militaire de gymnastique et d'Escrime.

En 1852 la création définitive d'une école ne concernant que la partie gymnique fut bien décidée et l'école construite, mais, l'enseignement de l'escrime ne fui ordonné et adjoint à celle-ci qu'en 1872.

Pour en arriver à la décision première, laquelle fut un résultat très appréciable la désirait depuis 1799, époque où commencèrent les tentatives d'organisation de l'enseignement de la gymnastique militaire en France, tout lie marcha pas comme sur des roulettes.

Durant un demi-siècle (1799 à 1852) les divers gouvernements et gouvernants qui se tirent place eurent, paraît-il, d'autres chats à peigner que de veiller à l'accomplissement d'une chose si importante. Ils se soucièrent très peu des propositions réitérées qui leur furent faites, ne les agréèrent qu'accidentellement, et dans ce dernier cas omirent toujours d'en surveiller l'exécution.

Quant à l'escrime, qui sortait alors bien doucettement des limbes, ces gouvernants aux yeux bandés n'y pensaient que pour eux.

Avec de tels emballés pour la question sportive intéressant le soldat, on ne s'étonnera pas une minute de la longue période d'antichambre que durent subir les divers projets sur l'introduction des exercices physiques dans l'armée.

La première tentative sérieuse visant ce but fut faite, comme je l'ai succinctementdonné à entendre tout à l'heure, le 7 thermidor an VIII (25 juillet 1799), mais elle j e n'aboutit à aucun résultat. Ce qui porte à croire que le sérieux de la dite tentative ne devait pas laisser à désirer; c'est pour rire!

Après ce chou blanc, la question de l'enseigne-ment de la gymnastique militaire tomba assez profondément dans l'eau, et ce n'est qu'en 1815 que le colonel Amoros, naturalisé français, la ramena à la surface.

Cet homme entreprenant et tenace eut la bonne fortune de voir sa proposition, combien de fois renouvelée ! finalement acceptée par le ministre de la guerre, et l'école demandée fut installée, en 1818, dans la plaine de Grenelle où elle prit, douze ans plus tard (1830), le nom de Gymnase Normal.

C'est alors que l'idée d'Amoros en suggéra d'autres, et, en 1833, dans plusieurs de nos grandes villes, des gymnases furent creés et placés sous la direction du Gymnase Normal, aussi appelé: Gymnase de Paris.

Ainsi, tout alla bien pendant quelques an-nées, et en 1840 tout se rompit, faute d'harmonie, probablement. Les gymnases de province, aux regrets de leurs directeurs respectifs, ne voulurent plus entendre parler de celui de Paris. La séparation s'ensuivit. Puis, dans une profonde accalmie, les ans s'ajoutèrent aux ans, et enfin le maréchal de Saint-Arnaud; que je n'hésite pas à qualifier de grand bienfaiteur, créa, en 1852, définitivement, cette fois, une, école qui prit le nom d'École normale militaire de gymnastique.

Elle fut construite dans le bois de Vincennes, entre le camp de Saint-Maur et Joinville-le-Pont, où nous la voyons aujourd'hui.

En 1870, la guerre vint troubler le cours de l'instruction et faire licencier l'école; mais, le 23 novembre 1871, sa réorganisation fut prescrite sur les bases de l'organisation de 1852, et l'école rouvrit ses portes le 1er avril 1872.

C'est à dater de ce e époque, en septembre de la même aimée, que l'escrime apparut à l'école, et qu'une section ad hoc fut formée pour propager et unifier l'enseignement de cet art dans les corps de troupe.

De ce fait s'allongea le nom de l'institution du maréchal de Saint-Arnaud, lequel devint ce-lui que nous connais-sons : Ecole normale militaire de gymnastique et d'escrime, que nous allons parcourir après en avoir donné sommairement le but.

L'école normale militaire de gymnastique et d'escrime a pour objet de former des instructeurs de gymnastique et des maitres d'armes destinés à répandre dans les corps de troupes un mode d'enseignement uniforme, en ce qui concerne les principes et les exercices de gymnastique et d'escrime, et tout ce qui peut s'y rattacher au point de vue de l'éducation physique du soldat. Les élèves des deux divisions sortent donc indistinctement de l'armée.

L'école comprend deux divisions d'instruction : celle de gymnastique, qui forme deux compagnies, et celle d'escrime, qui forme la troisième.

L'école relève directement de la direction d'infanterie au Ministère de la Guerre. Elle est commandée par un chef de bataillon, qui est actuellement le commandant Roustan.

La direction de l'école lui a été confiée en 1893, et depuisce temps, grâce à l'activité et au zèle de ce soldat, l'instruction donnée à Joinville n'a fait] queiprogresser. Depuis sa fondation (1852), l'école a été successivement commandée par sept chefs de bataillon et deux capitaines :

Le premier fut le commandant d'Argy (1852 à 1856) ; lui succéda : le commandant de la Plane (1856 à 1859) : puis vint le commandant de Féraudy (1859 à 1872), père du talentueux artiste de la Comédie-Française qui, dit-on, naquit à l'école ; le capitaine Grellet (1872 à 1875); le commandant Canonier (1875 à 1879) ; le capitaine Bonnal (1879 à 1884) ; le commandant Crombach (1884 à 1886) ; le commandant Castex (1886 à 1893); et le commandant Roustan.

Parmi les officiers instructeurs passés à l'école, un s'est tout particulièrement distingué (1884 à 1886), c'est le capitaine Dérué, qui, à son entrée à Joinville, commanda la division de gymnastique à laquelle il fut enlevé, au bout de peu de temps, pour passer à celle de l'escrime, où l'appelait sa compétence bien connue.

A la tête de chaque division, un capitaine instructeur est placé.

Le capitaine Burgalat, un esprit affiné, homme plein de bonté et de courtoisie, s'occupe de la division de gymnastique.

Le capitaine Debax, un de nos meilleurs tireurs d'épée actuels, excellent fleurettiste, champion d'épée du dernier tournoi, est chargé de la division d'escrime.

A côté de ces deux officiers se placent deux lieutenants instructeurs de gymnastique et, un d'escrime.

Les, premiers sont : le lieutenant Taine, officier d'un savôir très apprécié dans la spécialité, et le lieutenant Baccavin, garçon spirituel et charmant, qui n'est ni plus ni moins compétent que son collègue

Au dernier les bons ! Le lieutenant instructeur d'escrime, qui ne le connaît ?

Sénat est un amateur réputé en escrime. Les assauts qu'il a fournis lui ont toujours rapporté du succès et l'ont classé au rang des premiers tireurs. On ne pouvait mieux choisir comme officier ins-tructeur.

DIVISION DE GYMNASTIQUE.
Distants de deux à trois kilomètres d.e la quarantaine de maisonnettes qui représentent les locaux de la division d'escrime, situés au camp de Saint-Maur, les biitiments de fa division de gymnastique, entourés de remparts en forme de redoute à laquelle on a donné le nom de la Faisanderie, constituent un véritable petit, chât eau fort avec entrée défendue par le traditionnel pont-levis.

Un immense terrain, limité extérieurement par de belles rangées et touffes d'arbres empruntées à cet endroit du -Bois de Vincennes, donne sur la façade principale du batiment et se continue sur l'aile droite de ce dernier jusqu'au mur d'assaut, haut de 8 mètres, que les élèves escaladent au moyen de la corde lisse, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Sur ce terrain, divisé en trois parties, s'étendent, en faisant face au bâtiment : à droite, le stade. à gauche, la piste pédestre contrariée par les baies d'obstacles, et en avant du mur d'assaut, entre celui-ci et le stade, le grand portique avec ses deux pattes d'oie aux extrémités et ses agrès suspendus; la hune, sorte de plateforme terminant le faîte de mâts qui n'ont pas moins de 12 mètres de haut, puis une série de barres fixes, et tout l'attirail nécessaire au parfait gymnasiarque. En cas de mauvais temps, un gymnase couvert, bien aménagé, remplace celui du stade.

D'autres agrès sont aussi fixés sur plusieurs points du terrain. L'octogone, par exemple, qui avoisine le garage d'entrée des bicyclettes,— car nos Joinvillais sont cyclistes, et c'est à eux qu'échoit l'essai des différents modèles de bicyclettes utilisés dans l'armée, — l'octogone, dis je, s'élève à côté du garage, entre la piste pédestre et la partie gauche de la façade, il supporte quatre plates-formes rondes de diamètres graduellement diminués dans le sens de la hauteur (près de 10 mètres). Le travail à cet agrès, consiste, pour les hommes, à s'élever par la force dés bras ou en grimpant après les barres métalliques verticales, de plateforme en plateforme, jus-qu'au sommet (4e plateforme) qu'ils couronnent par des exercices d'équilibre qui ne sont pas toujours à la portée de chacun d'eux. L'Ecole possède, en plus du grand portique, un autre agrès de ce genre, don de Sa Majesté la reine Victoria, qui le lui envoya en 1854, en reconnaissance de la réception faite par l'Ecole à une mission anglaise qui vint la visiter. Ce portique, petit, incommode et même nuisible sous bien des rapports, à la parfaite exécution des exercices, est aujourd'hui délaissé.

Après avoir passé le pont-levis, on se trouve sous une voûte qui donne accès dans une vaste cour, encadrée d'un côté par la façade postérieure du bâtiment principal, des autres côtés par le gymnase couvert et le mess des officiers — tenu par un ex-élève de la division—lequel sert aussi aux officiers instructeurs de la division d'escrime. Un autr13 garage de bicycAtes occupe un coin de cette cour.

En revenant sous la voûte même, on aperçoit à droite le poste et la cantine ; à gauche, près du réfectoire, un large escalier conduit aux chambrées et à la salle d'anatomie où grimacent un squelette et un écorché, sur les-quels sont établies les démonstrations anatomiques et physiologiques faites aux sous-officiers et officiers instructeurs par le médecin-major de l'Ecole. Les hommes de troupe sont instruits parles moniteurs, car il est utile' à tout bon professeur de gymnastique de connaître le fonctionnement de l'organisme musculaire.

De la précédente salle on passé, tout à côté, dans celle où se fait l'enséignernent de la télégraphie (Morse et optique) , unique-ment installée dans le but de permettre aux élèves de se reposer des violents efforts physiques fournis dans la journée. Vient ensuite la salle d'honneur, un peu exiguë, ornée çà et là de peintures murales dues au pinceau d'un ancien élève de l'Ecole. Une jolie petite vitrine appendue à Fun des murs renferme des médailles d'or et d'argent offertes à lâ division en souvenir de son concours à, diverses fêtes. Au-dessus de la cheminée, un portrait avec dédicace du président Carnot, qu'il adressa à l'Ecole entière en témoignage de satisfaction du service qu'elle prit à l'Elysée, lors de son avènement à la Présidence. Voici le fait :

Dans la nuit du 2 décembre 1887, sur l'injonction du gouverneur de Paris — le general Saussier aimait beaucoup l'Ecole et, dans sa grande affection pour elle, il était presque allé jusqu'à l'enlever a la direction de la Guerre - les 315 hommes d'élite et 17 officiers, sous les ordres du commandant Castex, furent dirigés sur la caserne du Chateau-d'Eau, d'où ils partirent pour l'Elysée qu'ils gardèrent pendant un jour et une nuit. Le 4, au matin, alors que tintles craintes de manifestations hostiles au nouveau président furent dissipées, nos hommes regagnèrent Joinville, non sans avoir les premiers présenté les armes au Président à son entrée dans sa nouvelle résidence.

Je ne crois pas apprendre du nouveau en disant que nos gymnasiarques de Joinville ont été de tout temps, depuis quetEcole existe, supérieurs à toute autre école et société degenre, en l'art d'exercer et de fortifier le çorps parles exercices gymnastiques. Bien n'étonnera donc quand je dirai que lors de la dernière Exposition, l'Ecole, présentée à la grande Fête fédérale qui fut organisée, releva brillamment la défaite subie par toutes nos sociétés de gymnastique en présence des sociétés étrangères.

Aussi de tels succès sont-ils la conséquence des soins apportés à l'instruction de nos gymnastes joinvillais.

A leur arrivée à la division de l'Ecole, les élèves de troupe sont répartis par rang de force et d'aptitude entre les escouades des deux sections réservées à, la troupe. Une section comprend 42 hommes et est commandée par un adjudant. Il est procédé de même pour les deux autres sections de 46 hommes chacune, formées par les sous-officiers élèves.

Les quatre sections dont je viens de parler se groupent en deux compagnies, à la tête desquelles sont les deux lieutenants.

En plus de ces quatre sections, chaque année, 21 lieutenants d'infanterie, désignés par les chefs de corps d'après un roulement établi, suivent les cours de gymnastique et celui d'escrime.

L'année scolaire de gymnastique est de deux cours par année. Le premier dure du ler février au 12 juillet, et le deuxième du 1er août au 15 janvier. L'instruction, pour chaque cours,: est divisée en, cinq périodes : 1e la période préparatoire (deux semaines) qui a pour but de préparer les élèves à l'existence de l'Ecole, de les retremper aux premiers éléments des exercices, d'assouplir et de préparer leurs muscles et de les entraîner ainsi sans surmenage.

La deuxième période (2 mois). Instruction pratique et théorique. Troisième période (un mois et demi). Education comme instructeur. Quatrième période (un mois). Achèvement et perfectionnement de l'instruction, et surtout de l'éducation comme instructeur. — Cinquième période , finale (42 jours). Examens individuels sur toutes les parties théoriques et pratiques de l'instruction, concours, revue de départ, licenciement de la division.

Suivant les périodes, la journée de travail se complète de plus en plus.
(A suivre.)
A. LUSCIEZ.

Owner / Custodian

Loaned for digitization by Benjamin Bowles

Digitization Record

Digitized by Benjamin Bowles ; Cataloged by Benjamin Bowles

Collection

Citation

Armand Luscifz, “The Joinville School,” Fencing Arms & Artifacts, accessed July 22, 2024, https://www.fencingexhibit.com/items/show/131.

Item Relations

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